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La Peste de 1720 et le mur de la peste

Histoire de la peste de 1720 et du mur de la peste.

 

Au début du XVIIème siècle, Marseille était déjà la troisième ville de France, après Paris et Lyon. C’était aussi le principal port français en Méditerranée.

 

Suite à de régulières épidémies de peste (environ une tout les siècles), la ville de Marseille s’était organisée. Les navires ayant des morts suspects étaient mis en quarantaines et les navires soupçonnés d’avoir la peste étaient emmenés à l’île de Jarre pour être brûlés avec leurs cargaisons.

 

Le navire « Le Grand-Saint-Antoine » était la propriété de l’armateur Jean Chaud, le capitaine n’était autre que son beau-frère Jean-Baptiste Chataud et la cargaison avait été achetée par plusieurs magistrats dont Jean-Baptiste Estelle un grand marchand qui était le premier échevin de la ville (la plus haute fonction municipale de Marseille).

 

Parti de Marseille le 22 Juillet 1719 pour la Syrie, le Grand-Saint-Antoine revint à Marseille le 25 Mai 1720 avec une cargaison d’une valeur d’environ 100 000 Ecus en étoffes précieuses. Cette cargaison, l’une des plus importantes devait être livrée pour la foire de Beaucaire qui avait lieu le 22 Juillet.

 

Durant son voyage, le navire fît escale à Smyrne, à Tripoli et à Chypre, il embarquât cinq turcs et durant le retour, il y eu plusieurs morts dont le chirurgien. Lors de l’escale à Livourne (en Italie), les autorités locale donnèrent une « patente de santé » nette, en expliquant que les morts étaient du à une fièvre maligne.

Le Grand-Saint-Antoine arriva à Marseille le 25 Mai 1720, il fut mit en quarantaine vers l’île de Pomègues, mais pour des raisons plus ou moins obscures (vraisemblablement la cupidité) le capitaine Jean-Baptiste Chataud reçu l’autorisation le 4 Juin de décharger sa cargaison aux infirmeries d’Arenc.

 

Le 20 Juin, une femme meurt dans une rue étroite du Vieux-Port, elle était porteuse d’un charbon sur la lèvre, signe incontestable de la peste. La peste venait d’arriver à Marseille.

 

Le 27 Juin, le Grand-Saint-Antoine est placé en quarantaine à l’île de Jarre, le régent Philippe d’Orléans ordonna le 28 Juillet de faire brûler le navire et sa cargaison, mais cet ordre ne fut exécuté que les 25 et 26 septembre 1720.

 

En 1721, la peste s’étendait toujours, Avignon était atteint, ainsi que quelques localités du Comtat.
Pour limiter la propagation de la maladie, que les restrictions de circulation ne parvenaient pas à contenir, les territoires pontificaux d’Avignon et du Comtat Venaissin qui sont l’administration du Vice-légat, décidèrent de se protéger en édifiant une barrière sanitaire appelée « la ligne » et matérialisée par une muraille de pierre sèche.

 

Construit dans l’urgence et à la hâte, entre le 17 Mars et la fin Juillet 1721, le mur de la peste est un assemblage irrégulier, parfois bancal et grossier tant au point de vue de la réalisation, que des matériaux extraits sur place et constitués de blocs massifs, mal formés de calcaire très dur.


Le mur chemine sur près de 25 kms, traversant les Monts de Vaucluse de Monieux à Cabrières d’Avignon. Les descriptions techniques sur sa construction sont rares. Les quelques indications révélées par les archives donnent une hauteur de 6 pans, soit 2 mètres, à ce jour cette vérification est pratiquement impossible dans son état actuel, le mur n’atteint pratiquement jamais la hauteur indiquée.


Tout au long du mur, on peut trouver 40 guérites, 50 corps de garde, 21 enclos et d’autres édifices pouvant être postérieures à la construction du mur. Les guérites sont de petites cabanes de section semi-circulaire qui servaient d’abris aux sentinelles en faction. Leur ouverture est tournée vers le mur à une distance régulière de 2,5 mètres. Les corps de garde servaient d’abris à de petites unités de soldats, de probablement 5 à 6 hommes. Une dizaine de ces cabanes formées de deux bâtiments jumelés abritaient vraisemblablement les hommes, le matériel et les provisions. Les enclos sont de grandes dimensions et de formes variées, le plus souvent accolés au mur avec parfois une cabane abri dans un angle, ils servaient d’entrepôts de vivre et de fourrage pour les chevaux et mulets qui acheminaient le ravitaillement et l’eau.

 

Gardée par des troupes pour créer une ligne ininterrompu marquant la frontière entre deux états, cette muraille se révéla inutile, malgré l’ordre de tirer à vue, sa construction et son entretien (jusqu’à la levée du blocus le 3 Février 1723) ruina les finances d’Avignon et du comtat.

 

Au printemps 1722, Marseille et sa région connaît une rechute épidémique, la frayeur renaît mais la mortalité est faible.

 

A Marseille, l’épidémie cesse définitivement en Août 1722.

 

A partir du début 1723, toutes les lignes de blocus sont levées et les Français quittent le Comtat.

 

La peste est éteinte.

 

On estime que la peste a fait près de cent mille morts en Provence, dont près de la moitié à Marseille.

 

Plus que le témoignage d’une construction en pierres sèches à la technique élaborée que l’on connaît par ailleurs dans le Vaucluse, ce mur est le conteur de notre histoire, symbole d’une période dramatique du passé de la Provence.

 

 

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Photos.

 

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Calendrier de la construction du mur de la peste.

 

En l’année 1720,

  • Le 25 Mai, le Grand Saint-Antoine, navire venu d’Orient, entre en rade de Marseille.
  • Le 20 Juin, Marseille connut son premier mort de la peste.
  • Le 20 Juillet, déroulement de la foire de Beaucaire.
  • Le 31 Juillet, annonce officielle de la peste à Marseille et la fermeture de la ville.
  • Le 21 Août, le vice-légat interdit le commerce avec la Provence.
  • Le 4 Septembre, la première ligne sanitaire fut établie sur la rive droite de la Durance, de Bonpas à Mérindol.
  • Le 25 Septembre, la peste se déclara à Apt.
  • Le 26 Septembre, le vice-légat établit la deuxième ligne sur la limite orientale du Comtat, de la Durance au Ventoux. La France établit une ligne sur la rive droite du Rhône, de Bollène à Embrun. Elle interdit au Languedoc et au Dauphiné de commercer avec le Comtat.

En l’année 1721,

  • Le 14 Février, une rencontre est organisée à Mazan. Un accord est décidé sur une ligne sanitaire commune entre la France et le Comtat. La France a la garde du col de Lagas, à côté de Monieux, jusqu’à Sisteron. Le Comtat veille du col de Lagas à la Durance et s’engage à construire une muraille, longue de 38 Kms, de Monieux à Cabrières.
  • Le 17 Mars, les travaux de la muraille commencent.
  • Fin Juillet, le mur est terminé et les soldats comtadins le gardent. Le Languedoc et le Dauphiné reprennent le commerce avec le Comtat.
  • Le 17 Août, la peste arrive à Avignon.
  • Le 16 Septembre, déclaration officielle de la peste à Avignon. Les soldats du Régent remplacent les Comtadins sur le mur pour protéger Apt, débarrassée du fléau. De Cavaillon à Orange, les soldats du Comtat installent une troisième ligne sanitaire, mobile en fonction de la progression de l’épidémie. Le Languedoc et le Dauphiné ferment de nouveau leurs frontières.
  • Le 16 Septembre, déclaration officielle de la peste à Avignon. Les soldats du Régent remplacent les Comtadins sur le mur pour protéger Apt, débarrassée du fléau. De Cavaillon à Orange, les soldats du Comtat installent une troisième ligne sanitaire, mobile en fonction de la progression de l’épidémie. Le Languedoc et le Dauphiné ferment de nouveau leurs frontières.

En l’année 1722,

  • Le 29 Juillet, Les soldats français remplacent ceux du Comtat le long de la troisième ligne.
  • Le 2 Octobre, fin de la peste à Avignon.
  • Le 1er Décembre, levée des barrières du Comtat d’où la maladie a disparu, y compris le long de la ligne de la muraille.

En l’année 1723,

  • Le 31 Janvier, levée de toutes les lignes. Les Français quittent le Comtat. La peste est éteinte.

 

 

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